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Parent : je passe mon temps à dire non

Dernière mise à jour : 24 avr. 2023



Théoriquement, on bénéficie de neuf mois pour se préparer à devenir parents. On nous répète sans cesse de prendre le temps de se reposer, alors bien qu’on y soit jamais préparé, la fatigue on l’attend, on est prêt et on l’a anticipée. On a passé des mois à idéaliser un nouveau-né de quelques centimètres sur le point d’arriver pour bousculer notre quotidien et notre routine un peu trop bien installée. On se projette, on imagine, mais on omet bien souvent que notre tout petit va grandir. On occulte le fait que notre nouveau-né dépendant et fragile va se métamorphoser en un petit être en quête d’indépendance et d’affirmation de soi. Alors bien souvent, on se prend une vague, puis deux ou trois. On boit quelques tasses. « Je n’imaginais pas que ce serait si difficile », « Il me provoque », « Je donne tout pour lui, et c’est comme ça qu’il me le rend ?», « Il n’écoute rien ». En bref, notre tout petit poupon aux joues rondes devient un jeune enfant et cet enfant, il est arrivé sans mode d’emploi. Alors clairement, on fait quoi ? On fait comment pour vivre avec un enfant que l’on ne comprend pas. Voici dix pistes à explorer. 1. L’enfant ne provoque pas délibérément l’adulte. Il est indispensable de garder à l’esprit que l’enfant n’a pas la volonté de s’opposer à l’adulte et qu’il ne tente en aucun cas de nuire ou de faire du mal. Il traverse une période saine de son développement, il grandit, se construit et s’affirme. Il est en pleine quête d’identité, de limites et d’un cadre contenant afin de structurer son petit cerveau encore immature. Scientifiquement, le tout petit n’a pas la maturité cérébrale de préméditer ses actions. Il est simplement spontané et vit ses émotions intensément. Avoir à l’esprit cela, et comprendre comment fonctionne son enfant permet à l’adulte de prendre du recul et d’accueillir les vagues avec plus d’empathie et de sérénité.


2. Dire stop, à la place de non. La négation induit une gymnastique cérébrale bien trop complexe pour un enfant. Par exemple, si je vous dis : « Ne pense pas à une banane bleue », vous la visualisez. Elle est bien réelle dans votre esprit cette banane, c’est compliqué de faire autrement, mais en tant qu’adulte, on y arrive avec un peu d’efforts. Imaginez la difficulté que vit l’enfant. « Ne saute pas sur le canapé ». Il retiendra « sauter, canapé » et c’est parti. Le « stop » et les tournures de phrases positives ont plus d’impact : « J’aimerais que tu restes assis sur le canapé », « Stop ! J’aimerais que tu descendes s’il te plait » C’est pour nous finalement que ça devient une gymnastique. Bon, je ne vous garantis pas que ça fonctionnera à chaque fois, mais je vous assure que globalement ça fonctionne. Puis entre nous… C’est quand même vraiment sympa de sauter sur le canapé non ?


3. Ne pas avoir peur de poser un cadre. Votre enfant vous aimera toujours, même si votre non reste un non. Il doit néanmoins pouvoir comprendre l’intérêt d’une règle ou d’une limite dont il va tester de nombreuses fois la fiabilité avant de l’intégrer


4. Revoir vos interdits et penser un cadre plus souple. Plus il y’a d’interdits, plus il y aura de possibilités qu’ils soient transgressés et la suite, vous la connaissez. Il est intéressant de s’accorder sur quelques interdits qui font sens pour vous et sur lesquels vous serez intransigeants. N’hésitez pas à assouplir certaines de vos limites. Parfois, nous projetons nos inquiétudes d’adultes sur nos enfants, mais faisons leur confiance. Est-ce si important finalement que votre enfant soit assis sur la table basse ? A vous de l’évaluer. Soyez en phase avec vos décisions. Le cadre doit être souple mais à la fois ferme. Je sais, je sais, c’est beaucoup trop difficile d’être parent…


5. Aménager son intérieur. La bouteille de vin dans le buffet, c’est non. La vaisselle en porcelaine de mamie Nicole délicatement installée dans le placard du bas, c’est non. Les produits ménagers sous l’évier c’est... Bon d’accord, je ne vois pas d’autre place alors on investit dans des blocs-portes. En bref, on limite au maximum les dangers, pour protéger son cher et tendre mais également et surtout pour sa propre santé mentale. C’est merveilleux pour des enfants que de vider et remplir les placards. Quoi de mieux que d’envoyer valser les couvercles de Tupperware ? Les jouets, c’est démodé. Les enfants ont soif de curiosité et d’expériences de vie pratique. Alors si vous ne voulez pas vous arracher les cheveux, sécurisez et revoyez l’aménagement de votre intérieur. Plus il y’aura de dangers, plus vous direz non. Plus vous direz non, plus l’enfant sera frustré et vous le manifestera. Alors oui c’est difficile de changer ses petites habitudes, mais c’est pour votre bien.



6. Rendre l’enfant acteur de son quotidien au maximum. Qui n’a jamais enfilé à toute allure les chaussures de son enfant alors qu’il était en capacité de le faire seul ? Qui n’a jamais prononcé la fameuse phrase « Dépêche-toi, on va être en retard » Nous courrons après le temps qui file sans se retourner. Malgré tout, je reste convaincue que c’est réellement important de laisser le choix et le temps à un enfant. Pourquoi ? Simplement parce c’est de lui que l’on parle, c’est lui l’acteur principal de sa vie. Nous, parents, adultes, sommes là comme guides pour l’éclairer mais nous ne sommes pas les uniques décisionnaires de ce qui lui revient. Bon, d’accord… On se rejoint sur le fait que notre responsable ne sera pas en phase avec notre petit retard quotidien, alors on peut faire l’impasse sur les chaussures mais on le laisse choisir la couleur du T-shirt.


7. Nourrir l’enfant émotionnellement. Bien qu’il ait besoin d’un cadre qui va lui permettre de se structurer, l’enfant a également besoin d’un adulte compréhensif et bienveillant à ses côtés. Avant toute chose, nos enfants ont besoin de nous, de notre temps, de notre amour et de notre empathie. Ils ont besoin de passer des moments chaleureux et riches et de se nourrir de la relation à l’autre. L’enfant doit sentir qu’il ne détruit rien et que le lien qui vous unit est indestructible. Néanmoins, soyons d’accord, on aimerait parfois prendre un aller sans retour direction Bora Bora, sans enfants, ça va de soi.


8. L’aider à accueillir ses émotions. Lorsque vous dites non votre enfant crie, pleure, se roule par terre ? C’est normal ! C’est sain. C’est un humain. Il est envahi et transpercé par des émotions qu’il ne maitrise pas, et qu’il n’est pas en mesure de canaliser. Notre rôle : l’accompagner à accueillir ce qu’il ressent. « Je comprends, tu es en colère parce que tu aimerais porter tes sandales, mais il neige et tu vas avoir très froid aux pieds ». La colère est saine, notre rôle est simplement d’accueillir l’émotion de l’enfant et de l’aider à l’exprimer. Il voulait des rondelles de kiwi, mais finalement il préfère des cubes. Son biscuit s’est cassé avant qu’il n’ait eu le temps de croquer dedans. Vous avez osé retirer la peau de la banane alors qu’il voulait le faire seul ? C’est frustrant non ? Leurs problèmes sont réellement des problèmes. Bien qu’ils puissent nous paraitre insignifiants à côté de notre charge mentale d’adulte, nous devons accueillir avec empathie leurs émotions qui en découlent, quelles qu’elles soient. Pleurer c’est sain. Crier pour extérioriser, c’est autorisé. L’important c’est que votre enfant puisse compter sur vous.


9. Tout fini par passer. Il ne s’agit que d’une période. Rien n’est figé dans le temps, que ce soit les bons comme les moments les plus intenses. C’est évidement extrêmement facile à dire, mais c’est une réalité. Les tempêtes finissent toujours par laisser place à des moments plus doux. La légende dit même qu’un jour, lorsque nos enfants seront grands, nous finirons par ressentir un manque de ces moments oubliés.


10. Faites de votre mieux et ça sera très bien. Etre parent, c’est parfois éprouvant. On fait de notre mieux et le mieux ne veut pas dire parfait. On va se tromper, regretter et parfois même recommencer.


Dotés d’émotions également, il est indispensable de les accueillir, et de les communiquer. « Je n’aurai pas dû crier, je suis désolé(e) », « Lorsque tu te mets en danger, j’ai très peur », « Je t’aime ». Ne culpabilisez jamais de tomber, c’est l’essence même de la vie. Tomber, se relever et vivre intensément tous les moments qui s’offrent à nous. La vie n’est pas toujours facile, et c’est normal, les bons moments n’auraient pas autant de valeur autrement. Profitons de la vie, de nos touts petits enfants qui deviendront grands en un instant. Les moments passés ne reviennent jamais.


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